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"Les trois
grosses caisses ont été réceptionnées à Roissy, ce qui représente des
centaines de kilos de toiles. Avec les japonais, tout est hyper organisé.
Chaque tableau est conditionné individuellement avec minutie. Un tableau
= un dossier = une fiche avec photo!" dixit Jacques Malglaive,
président de "Peintres en Champagne".
Et quand le salon du blanc, association des Beaux-Arts de Tokyo' débarque
à Châlons, rien, mais alors rien n'est laissé au hasard. Du 8 au 22
juin, l'art contemporain nippon envahira donc la galerie Clémangis lors
d'un événement culturel exceptionnel, né d'échanges entre les deux
associations qui communiquaient jusqu'à ce jour grâce à la complicité
de l'Académie de Port-Royal. De ces très bons rapports est venue
l'opportunité d'un déplacement à Châlons. Chiche?. Les nippons ont dit
d'accord...dans leur langue! Il en résulte donc cette expo de
quarante-six toiles contemporaines, signes de ce courant naissant au
Japon. Quarante-six toiles signées Emiko Ikeda, Taeko Fusegi, Yoko Kozai,
Harumi Hoshida et bien d'autres...
Des oeuvres inédites qui seront offertes à l'oeil de l'amateur éclairé
ou du néophyte. Des tableaux n'ayant guère l'habitude de se
"balader" et de faire les beaux sur le vieux continent. Même si
ce courant s'est fait connaître du public français dans l'Aveyron, sous
l'impulsion de Jacques Godfrain, député-maire de Millau (alors ministre
de la coopération) en 1997, année du Japon. |
Expression
artistique venue d'ailleurs
Depuis, l'art
contemporain japonais n'était pas revenu dans l'hexagone pour un
rendez-vous si imposant. Retour en grande pompe dans la ville préfecture
puisque le président du salon du blanc, Yuji Shirao,
accompagné de vingt artistes, fera le déplacement. Tout comme Yoshiro
Mori, président d'honneur de l'association, mais aussi ancien premier
ministre! "Tout ce beau monde vient spécialement à Châlons pour
l'expo. Une expo sans chinoiseries et estampes. Pour les japonais, le
berceau de la peinture contemporaine n'est autre que la France"
insistent, pas peu fiers, les fondateurs de "Peintres en
Champagne", ayant relevé le défi ne serai-ce qu'en accueillant ce
beau linge venu d'extrême orient. L'intérêt : montrer ce qu'ils savent
faire, décrypter cette expression artistique venue d'ailleurs. Une vraie
démarche picturale prouvant à elle-même que les peintres japonais ne
sont pas prisonniers de leur culture ou de leurs traditions.
Ils livreront leurs couleurs à Châlons alors que là-bas, la préfecture
fait sa pub puisque l'expo est citée sur tous les catalogues. Au fait,
comment dit-on Châlons en japonais? Réponse samedi, lors du vernissage.
D.Z.
Mais pourquoi donc "salon du blanc"?
Salon du blanc n'est autre que le nom de l'association des beaux-arts
de Tokyo invitée à Châlons. En japonais, le mot blanc donne le sens de
la pureté. Pour l'exemple, lorsqu'un cadeau est offert en guise de
félicitations ou de remerciements, il est emballé dans un papier blanc. |
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«On a fait notre petit
bonhomme de chemin, mais on n'a pas changé! on est toujours pareils,
fidèles à nos engagements!»
Pas de chapelle. Libres comme les huiles qui couvrent les toiles :
Peintres en Champagne c'est, depuis vingt ans, l'accueil des artistes de
toutes expressions. Et cela, selon la volonté quasi oecuménique de deux
potes : «personne ne peut nous taxer de privilégier telle ou telle
école». Ces deux potes ne sont pas que des amis, comme dit
l'autre, ils sont pires : «on s'engueule souvent, mais on est des
vrais complices!» Il y a donc Daniel Bigaré, «Big»
d'une part et Jacques Malglaive d'autre part.
Mon premier, le brûle-gueule à la bouche et le pinceau à la main, est
une caution picturale, d'aura régionale, voire davantage. Mon second ne s'est jamais attelé devant un chevalet, mais il est la tête
gestionnaire d'une association qui martèle
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l'indépendance, le respect de
la sensibilité de chacun. Ce que les deux complices affichent d'avoir toujours
voulu éviter, c'est de se prendre la tête et de se regarder le nombril
entre peintres, du style: j'ai vu ta toile,t'as vu ma toile! : «on
fait les choses sérieusement, mais on ne se prend pas au sérieux!»
Indépendance
Vient qui veut à l'association Peintres en
Champagne, «barbouilleux» comme dit Big, ou simplement
amateur «comme moi» reconnaît Jacques. Et leur credo n'a
pas bougé d'un tube de gouache : «Il y a vingt ans, on s'était
aperçu que, par exemple un musicien, le visiteur paye pour l'entendre,
mais que le peintre, c'est lui qui devait payer pour montrer ses toiles...
C'était une injustice qu'on avait voulu réparer!»
Liée par une convention avec la ville depuis 1989 pour la tenue
d'expositions au moins trois fois l'an (mais ils en ont déjà accueilli
le double) une des fiertés des membres de l'association est de rester
attentif à ne pas se faire récupérer, ni à droite ni à gauche.
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Pas de déficit
Aussi, suite au pavé dans la mare récemment jeté par l'opposition
municipale socialiste qui se demandait ce que devenaient les
oeuvres données à la ville par les artistes de passage à Châlons,
Peintres en Champagne tient à se démarquer : «les gens peuvent
peut-être croire qu'on était derrière cette démarche, mais c'est faux,
tout simplement parce que nous, on ne donne pas de toile...»
Une autre de leurs satisfactions est de
toujours rester financièrement dans les clous, avec la subvention de la
ville 15000 euros par an, (la même depuis vingt ans) et les cotisations
de cent quarante membres :
«Nous n'avons jamais présenté de déficit, et pourtant tout
est gratuit pour les peintres depuis le début ... Et nous avons à gérer
le gardiennage, les catalogues, l'accrochage et le décrochage des toiles
qu'on va parfois chercher et qu'on ramène, les hôtels, les repas».
La clé de la bonne santé économique de Peintres en Champagne passe par
la gestion rigoureuse de l'intendance, là où sans doute d'autres
plongent dans des excès liés aux réceptions : « c'est simple,
quand on fait un repas, seul l'artiste ne paie pas, mais les membres de
l'association si! ...»
Fabrice Minuel |
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Au travers d'une programmation
exceptionnelle, l'association veut faire un coup de maître pictural en
cette année 2003 en proposant quatre expositions : la première aura lieu
dès dimanche 9 mars à la galerie Clémangis et durant quinze jours avec
l'exposition de Michel Lhuillier, « de l'académie de Barbizon...
C'est notre coup de pouce à un jeune ... Mais ce n'est pas uniquement
parce qu'il est jeune ; il a aussi du talent! »
La deuxième en date est exceptionnelle avec la venue d'une dizaine de
peintres japonais présents du 7 au 22 juin toujours à la maison
Clémangis : «Il y aura les toiles de quarante-six exposants. Une
dizaine d'entre eux viendront spécialement à Châlons ».
L'origine de la présence des japonais provient d'une relation
privilégiée nouée après l'acheminement là-bas, il y a quelques
années, d'une toile de Daniel Bigaré. Ce sera une première
champardenaise que la présence de ces artistes orientaux :« C'est
seulement leur deuxième venue en France. Ils étaient déjà venus à
Millau (Aveyron, en 97), lors de l'année du Japon ».
La troisième exposition chevauchera la seconde en partie : à compter du
14 juin à la chapelle de Saint-Memmie, Peintres en Champagne exposera un
peintre contemporain en la personne de Gilbert Conan.
Enfin, et de nouveau à la maison Clémangis, c'est Denis Aubry, un
aquarelliste nancéien « habitué des grands salons » qui
sera présent le samedi 8 novembre.
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