LA REVUE DE PRESSE DE PEINTRES EN CHAMPAGNE

La galerie Clémangis à l'heure du soleil levant

Le Japon s'invite à la maison Clémangis du 8 au 22 juin, par le biais d'une fabuleuse exposition de 46 toiles contemporaines nippones.

Jacques Lagille, Jacques Malglaive et Daniel Bigaré, les fondateurs de "Peintres en Champagne", avec une belle oeuvre de Shimako Aoki

"Les trois grosses caisses ont été réceptionnées à Roissy, ce qui représente des centaines de kilos de toiles. Avec les japonais, tout est hyper organisé. Chaque tableau est conditionné individuellement avec minutie. Un tableau = un dossier = une fiche avec photo!" dixit Jacques Malglaive, président de "Peintres en Champagne".
Et quand le salon du blanc, association des Beaux-Arts de Tokyo' débarque à Châlons, rien, mais alors rien n'est laissé au hasard. Du 8 au 22 juin, l'art contemporain nippon envahira donc la galerie Clémangis lors d'un événement culturel exceptionnel, né d'échanges entre les deux associations qui communiquaient jusqu'à ce jour grâce à la complicité de l'Académie de Port-Royal. De ces très bons rapports est venue l'opportunité d'un déplacement à Châlons. Chiche?. Les nippons ont dit d'accord...dans leur langue! Il en résulte donc cette expo de quarante-six toiles contemporaines, signes de ce courant naissant au Japon. Quarante-six toiles signées Emiko Ikeda, Taeko Fusegi, Yoko Kozai, Harumi Hoshida et bien d'autres...
Des oeuvres inédites qui seront offertes à l'oeil de l'amateur éclairé ou du néophyte. Des tableaux n'ayant guère l'habitude de se "balader" et de faire les beaux sur le vieux continent. Même si ce courant s'est fait connaître du public français dans l'Aveyron, sous l'impulsion de Jacques Godfrain, député-maire de Millau (alors ministre de la coopération) en 1997, année du Japon.

Expression artistique venue d'ailleurs

Depuis, l'art contemporain japonais n'était pas revenu dans l'hexagone pour un rendez-vous si imposant. Retour en grande pompe dans la ville préfecture puisque le président du salon du blanc, Yuji Shirao, accompagné de vingt artistes, fera le déplacement. Tout comme Yoshiro Mori, président d'honneur de l'association, mais aussi ancien premier ministre! "Tout ce beau monde vient spécialement à Châlons pour l'expo. Une expo sans chinoiseries et estampes. Pour les japonais, le berceau de la peinture contemporaine n'est autre que la France" insistent, pas peu fiers, les fondateurs de "Peintres en Champagne", ayant relevé le défi ne serai-ce qu'en accueillant ce beau linge venu d'extrême orient. L'intérêt : montrer ce qu'ils savent faire, décrypter cette expression artistique venue d'ailleurs. Une vraie démarche picturale prouvant à elle-même que les peintres japonais ne sont pas prisonniers de leur culture ou de leurs traditions.
Ils livreront leurs couleurs à Châlons alors que là-bas, la préfecture fait sa pub puisque l'expo est citée sur tous les catalogues. Au fait, comment dit-on Châlons en japonais? Réponse samedi, lors du vernissage.
                                                                                 D.Z.

Mais pourquoi donc "salon du blanc"?

Salon du blanc n'est autre que le nom de l'association des beaux-arts de Tokyo invitée à Châlons. En japonais, le mot blanc donne le sens de la pureté. Pour l'exemple, lorsqu'un cadeau est offert en guise de félicitations ou de remerciements, il est emballé dans un papier blanc.

Depuis vingt ans, Jacques Malglaive et Daniel Bigaré sont les fers de lance de l'association Peintres en Champagne.
En 2003 quatre expositions de premier choix sont organisées.


«On a fait notre petit bonhomme de chemin, mais on n'a pas changé! on est toujours pareils, fidèles à nos engagements!»
Pas de chapelle. Libres comme les huiles qui couvrent les toiles :
Peintres en Champagne c'est, depuis vingt ans, l'accueil des artistes de toutes expressions. Et cela, selon la volonté quasi oecuménique de deux potes : «personne ne peut nous taxer de privilégier telle ou telle école». Ces deux potes ne sont pas que des amis, comme dit l'autre, ils sont pires : «on s'engueule souvent, mais on est des vrais complices!» Il y a donc Daniel Bigaré, «Big» d'une part et Jacques Malglaive d'autre part.
Mon premier, le brûle-gueule à la bouche et le pinceau à la main, est une caution picturale, d'aura régionale, voire davantage. Mon second ne s'est jamais attelé devant un chevalet, mais il est la tête gestionnaire d'une association qui martèle

 l'indépendance, le respect de la sensibilité de chacun. Ce que les deux complices affichent d'avoir toujours voulu éviter, c'est de se prendre la tête et de se regarder le nombril entre peintres, du style: j'ai vu ta toile,t'as vu ma toile! : «on fait les choses  sérieusement, mais on ne se prend pas au sérieux!»

Indépendance
Vient qui veut à l'association Peintres en Champagne, «barbouilleux» comme dit Big, ou simplement amateur «comme moi» reconnaît Jacques. Et leur credo n'a pas bougé d'un tube de gouache : «Il y a vingt ans, on s'était aperçu que, par exemple un musicien, le visiteur paye pour l'entendre, mais que le peintre, c'est lui qui devait payer pour montrer ses toiles... C'était une injustice qu'on avait voulu réparer!»
Liée par une convention avec la ville depuis 1989 pour la tenue d'expositions au moins trois fois l'an (mais ils en ont déjà accueilli le double) une des fiertés des membres de l'association est de rester attentif à ne pas se faire récupérer, ni à droite ni à gauche.

 

Pas de déficit
Aussi, suite au pavé dans la mare récemment jeté par l'opposition municipale socialiste qui se  demandait ce que devenaient les oeuvres données à la ville par les artistes de passage à Châlons, Peintres en Champagne tient à se démarquer : «les gens peuvent peut-être croire qu'on était derrière cette démarche, mais c'est faux, tout simplement parce  que nous, on ne donne pas de toile...»
Une autre de leurs satisfactions est de toujours rester financièrement dans les clous, avec la subvention de la ville 15000 euros par an, (la même depuis vingt ans) et les cotisations de cent quarante membres :

«Nous n'avons jamais présenté de déficit, et pourtant tout est gratuit pour les peintres depuis le début ... Et nous avons à gérer le gardiennage, les catalogues, l'accrochage et le décrochage des toiles qu'on va parfois chercher et qu'on ramène, les hôtels, les repas». La clé de la bonne santé économique de Peintres en Champagne passe par la gestion rigoureuse de l'intendance, là où sans doute d'autres plongent dans des excès liés aux réceptions : « c'est simple, quand on fait un repas, seul l'artiste ne paie pas, mais les membres de l'association si! ...»


                                                       Fabrice Minuel

Michel Lhuillier à Clémangis :
coup de pouce à la jeunesse

Au travers d'une programmation exceptionnelle, l'association veut faire un coup de maître pictural en cette année 2003 en proposant quatre expositions : la première aura lieu dès dimanche 9 mars à la galerie Clémangis et durant quinze jours avec l'exposition de Michel Lhuillier, « de l'académie de Barbizon... C'est notre coup de pouce à un jeune ... Mais ce n'est pas uniquement parce qu'il est jeune ; il a aussi du talent! »
La deuxième en date est exceptionnelle avec la venue d'une dizaine de peintres japonais présents du 7 au 22 juin toujours à la maison Clémangis : «Il y aura les toiles de quarante-six exposants. Une dizaine d'entre eux viendront spécialement à Châlons ». L'origine de la présence des japonais provient d'une relation privilégiée nouée après l'acheminement là-bas, il y a quelques années, d'une toile de Daniel Bigaré. Ce sera une première champardenaise que la présence de ces artistes orientaux :« C'est seulement leur deuxième venue en France. Ils étaient déjà venus à Millau (Aveyron, en 97), lors de l'année du Japon ».
La troisième exposition chevauchera la seconde en partie : à compter du 14 juin à la chapelle de Saint-Memmie, Peintres en Champagne exposera un peintre contemporain en la personne de Gilbert Conan.
Enfin, et de nouveau à la maison Clémangis, c'est Denis Aubry, un aquarelliste nancéien « habitué des grands salons » qui sera présent le samedi 8 novembre.

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